Rai - الراي
Le Raï, ce genre propre à l’Algérie a vu jour au début du 20ème siècle, exactement dans les années 20, grâce à l’apparition d’une autre variante du Malhoun, inspiré du Maroc. Les cheikhs et cheikhas de l’époque, dont Cheikha Rimitti qui est une fierté nationale, chantaient sagesse, alcool et plaisirs de la chair dans les souks et les tavernes. Ce n’est qu’à partir de 1930 que de nouveaux rythmes et instruments adhérent à la culture raï encore existante sous sa forme rustique, le « wahrani ».
Aux années 60, il n’était plus affaire de juste Nay, Derbouka et Bendir, mais cela incluait aussi Saxophone, Guitare électrique, Basse, Batterie ou même Trompette. Il s’agissait définitivement d’un mélange de cultures et de traditions surtout marqué à l’époque par la population étrangères dont les français, les juifs et les berbères.
Avec l’indépendance du pays, le genre a connu une expansion inouïe dans tout le pays arrivant même en France avec la nouvelle génération des années 80, mais le coup d’éclat était bien évidemment la sortie de « Avava Inouva », le succès phare d’Idir en 1976. La musique Kabylie était un joli commencement pour une apogée des plus glorieuses.
C’est un peu grâce à de grands noms que le Raï eut le mérite de se faire moderniser et de donner une première image du genre à une population qui ne cherchait qu’à se libérer de l’oppression du régime et trouver des porte-paroles courageux et fiables. Cheb Khaled, Cheb Hasni, Cheb Mami, Cheb Kader, Cheb Sahraoui et d’autres avaient eu leur poids grâce à leurs albums sortis au milieu des années 80. Les femmes n’en étaient pas moins magnifiques comme d’ailleurs Cheba Zehouania et Cheba Fadila, deux icônes emblématiques de l’époque. Ils firent bien face aux nombreux problèmes politiques ou même sociaux de l’époque notamment avec les islamistes et la mort du roi du Raï sentimental Cheb Hasni.
Le renom n’atteignit l’international qu’avec Faudel avec son « Tellement Nebghik », Cheb Khaled avec « Didi », Rachid Taha avec sa reprise de « Ya Rayah » et d’autres encore. Vers les années 90, il toucha même la population maghrébine surtout au Maroc qui essayait d’adopter le même style dont Cheb Rayan, Cheb Rizki, Cheb Rachid et d’autres noms qui n’ont jamais fini d’enchanter un public assoiffé des nouveautés.
Les années 2000 connurent un nouveau tournent dans l’ascension de ce genre, un nouveau concept qui une sorte de mélange entre le R’n’B et le Raï appelé « Raï’n’B » dans différentes compilations nommées « Raï’n’B Fever ». Nombreuses sorties à ce jour, ils ont cumulé un maximum de fanatiques de Raï.
Ce genre vivant issu de la culture maghrébine ancestral a su cumulé tant de succès, il y a même des festivals en son nom dont celui d’Oujda au Maroc et celui d’Oran en Algérie et d’autres un peu partout au monde.
Il est décidément un genre à part entière qui mérite toutes les éloges.
















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